Choisir une caméra d’astrophotographie devient beaucoup plus simple lorsqu’on commence par définir son usage. Une caméra destinée aux nébuleuses et aux galaxies ne se choisit pas avec les mêmes critères qu’une caméra pour Jupiter, la Lune ou le Soleil. Pour le ciel profond, je regarde d’abord la taille du capteur, le refroidissement, le bruit de lecture et l’échantillonnage. Pour le planétaire et le solaire, la taille des pixels, la cadence en images par seconde et la possibilité de réduire la zone filmée deviennent essentielles.
Dans ce guide, je me concentre sur trois marques que je trouve particulièrement intéressantes : ToupTek, Player One Astronomy et ZWO. Tous les modèles cités sont directement référencés chez Deep Space Astronomy en Suisse. Les liens mènent vers les fiches produit du site.
Ma réponse courte selon votre projet
Pour commencer simplement en ciel profond avec un budget maîtrisé : la ToupTek ATR585C ou la ZWO ASI585MC Pro. Leur capteur IMX585 est plus petit qu’un APS-C, mais il est sensible, propre et beaucoup plus facile à exploiter avec une optique modeste.
Pour construire directement un excellent setup couleur APS-C : la ToupTek ATR2600C, la Player One Poseidon-C Pro ou la ZWO ASI2600MC Pro. Les trois utilisent la famille de capteurs IMX571, avec 26 mégapixels et des pixels de 3,76 µm. Le choix se fait surtout sur l’écosystème, la mécanique, les accessoires et la manière dont vous souhaitez piloter le setup.
Pour réduire le nombre de câbles et simplifier le guidage : la ZWO ASI2600MC Duo intègre un second capteur de guidage. C’est une solution très intéressante si vous voulez rester dans l’écosystème ZWO et éviter d’ajouter une caméra guide séparée.
Pour débuter en planétaire couleur : la Player One Mars-C II est l’un de mes choix les plus simples. Ses pixels de 2,9 µm sont faciles à associer à une Barlow raisonnable, et elle atteint jusqu’à 108 images par seconde en RAW8 à pleine résolution.
Pour une caméra planétaire, lunaire et solaire avec un champ plus large : la Player One Neptune 664C offre 4,2 mégapixels, des pixels de 2,9 µm et jusqu’à 93 images par seconde en RAW10 à pleine résolution, ou 136 images par seconde en RAW8.
Pour le planétaire et le solaire en monochrome : la ToupTek G3M662M atteint environ 100 images par seconde à pleine résolution en 8 bits. Pour couvrir une plus grande surface avec des pixels très fins, la ToupTek G3M678M propose 8,3 mégapixels, des pixels de 2 µm, environ 47 à 60 images par seconde sur tout le capteur et plus de 100 images par seconde avec une zone de lecture réduite.
Pour une caméra solaire spécialisée : la Player One Apollo-M MAX monochrome est pensée pour travailler avec de longues focales et atteint 126 images par seconde. La Player One Apollo-C couleur monte jusqu’à 164 images par seconde et possède un obturateur global particulièrement intéressant pour le Soleil et la Lune.
Les cinq critères qui comptent vraiment
La taille du capteur
Un grand capteur montre une plus grande portion du ciel. C’est très agréable pour les grandes nébuleuses, mais cela demande une optique bien corrigée jusque dans les coins, un correcteur adapté et une mécanique rigide. Un capteur APS-C comme l’IMX571 est magnifique sur une bonne lunette ou un Newton correctement corrigé. Un capteur IMX585 est plus petit et cadre davantage la cible, mais il pardonne plus facilement les défauts de champ. Pour débuter, un petit capteur propre peut donc donner de meilleurs résultats qu’un grand capteur mal exploité.
La taille des pixels et l’échantillonnage
L’échantillonnage indique la portion de ciel enregistrée par un pixel. Il se calcule ainsi : 206,265 multiplié par la taille du pixel en microns, puis divisé par la focale du télescope en millimètres. Le résultat s’exprime en seconde d’arc par pixel.
Avec des pixels de 3,76 µm et une focale de 490 mm, on obtient environ 1,58 seconde d’arc par pixel. C’est un très bon équilibre pour une lunette grand champ. Avec les mêmes pixels à 1 000 mm de focale, on descend à environ 0,78 seconde d’arc par pixel. On gagne potentiellement en finesse, mais le suivi, la mise au point et la turbulence deviennent beaucoup plus exigeants.
Avec des pixels de 2,9 µm à 490 mm, l’échantillonnage est d’environ 1,22 seconde d’arc par pixel. À 1 000 mm, il tombe à environ 0,60 seconde d’arc par pixel. C’est souvent trop fin pour un premier setup de ciel profond, mais c’est très intéressant en planétaire, où l’on travaille en vidéo et où l’on sélectionne les meilleures images.
Pour le ciel profond, une valeur proche de 1 à 2 secondes d’arc par pixel est généralement confortable. Une valeur plus fine n’est pas automatiquement meilleure : si le ciel, le suivi ou la mise au point ne permettent pas d’exploiter cette résolution, vous obtenez surtout des fichiers plus lourds et une installation plus difficile à régler.
Les images par seconde ou FPS
Les FPS sont essentiels en planétaire, lunaire et solaire. Une cadence élevée permet d’enregistrer des milliers d’images pendant une courte séquence. Le logiciel garde ensuite les images prises pendant les meilleurs instants de stabilité atmosphérique. Plus la planète est petite, plus une zone de lecture réduite, appelée ROI, est utile : la caméra ne lit qu’une petite partie du capteur et peut accélérer fortement.
La cadence maximale annoncée correspond souvent à un mode 8 bits ou RAW8. En 10, 12, 14 ou 16 bits, la vitesse peut diminuer. L’exposition choisie doit aussi être assez courte pour atteindre cette cadence. Si chaque image demande 20 millisecondes, la limite physique est de 50 images par seconde, même si la caméra peut théoriquement aller plus vite. Le débit USB, le disque de l’ordinateur et la taille du ROI comptent également.
En ciel profond, les FPS ne sont pas un critère d’achat prioritaire. On réalise des poses de plusieurs secondes ou de plusieurs minutes. Le refroidissement, le bruit, la dynamique et la taille du capteur ont beaucoup plus d’importance.
Couleur ou monochrome
Une caméra couleur est le choix le plus simple pour commencer. Une seule série d’images produit directement la couleur, et un filtre multibande permet de travailler sur de nombreuses nébuleuses même sous un ciel lumineux. Une caméra monochrome demande une roue ou un tiroir à filtres et davantage de temps d’acquisition, mais chaque pixel reçoit directement la lumière utile. C’est la solution la plus performante pour les filtres LRGB, H-alpha, OIII et SII, ainsi que pour l’imagerie solaire spécialisée.
Le refroidissement
Pour le ciel profond, je recommande une caméra refroidie dès que le budget le permet. Le refroidissement stabilise la température du capteur, réduit le bruit thermique et facilite la création de bibliothèques de darks. Pour les planètes et le Soleil, les poses sont très courtes : le refroidissement devient beaucoup moins important que la cadence, la sensibilité et le choix du capteur.
Comparatif des caméras pour le ciel profond
ToupTek ATR585C : le meilleur point d’entrée polyvalent
La ToupTek ATR585C utilise un capteur couleur IMX585 de 8,3 mégapixels avec des pixels de 2,9 µm. Elle est refroidie, ne présente pas d’amp glow gênant et peut atteindre environ 47 images par seconde en pleine résolution en 8 bits. Je la conseille à la personne qui veut découvrir le ciel profond sans acheter immédiatement un grand capteur. Elle peut aussi servir pour la Lune et les planètes, même si une caméra planétaire non refroidie sera plus légère et souvent plus rapide.
Son capteur relativement petit facilite le choix des filtres et réduit les exigences imposées au correcteur de champ. Elle est très bien adaptée aux petites galaxies, aux nébuleuses planétaires et aux détails de grandes nébuleuses. Pour les très grandes cibles, il faudra réaliser une mosaïque ou employer une focale courte.
ZWO ASI585MC Pro : la même logique dans l’écosystème ZWO
La ZWO ASI585MC Pro utilise également l’IMX585 couleur, avec 8,29 mégapixels et des pixels de 2,9 µm. Elle atteint jusqu’à 47 images par seconde à pleine résolution et possède un refroidissement à deux étages. Je la privilégie si vous voulez utiliser un ZWO ASIAIR Plus et construire un ensemble entièrement intégré autour de la marque.
Entre l’ATR585C et l’ASI585MC Pro, la qualité d’image dépendra moins du logo que de la température, du réglage du gain, de l’optique et du traitement. Le choix pratique porte surtout sur le logiciel, la connectique, les accessoires et l’écosystème que vous préférez.
ZWO ASI533MC Pro : le choix rassurant pour débuter sérieusement
La ZWO ASI533MC Pro possède un capteur carré IMX533 de 9 mégapixels, avec des pixels de 3,76 µm. Son format carré est très agréable pour les nébuleuses, les amas et de nombreuses galaxies. Elle offre un champ plus grand que l’IMX585, une conversion sur 14 bits et un refroidissement adapté aux longues poses.
Je la recommande à l’utilisateur qui veut une caméra facile à traiter, avec un capteur propre et un champ déjà confortable, sans passer immédiatement à l’APS-C. Ses 20 images par seconde à pleine résolution sont suffisantes pour la mise au point et certains usages rapides, mais ce n’est pas une caméra choisie principalement pour le planétaire.
Les caméras IMX571 : le vrai saut vers l’APS-C
La ToupTek ATR2600C, la Player One Poseidon-C Pro et la ZWO ASI2600MC Pro partagent l’idée d’un grand capteur APS-C de 26 mégapixels avec des pixels de 3,76 µm. Elles offrent un grand champ, beaucoup de dynamique et des fichiers suffisamment définis pour réaliser de grands tirages.
La ToupTek ATR2600C représente un excellent rapport entre performances et prix, avec un convertisseur 16 bits, un tampon de 512 Mo et une plaque de réglage du tilt. La Player One Poseidon-C Pro est très intéressante pour sa mécanique, sa gestion du tilt et sa grande capacité de puits. La ZWO ASI2600MC Pro devient logique si vous utilisez déjà ASIAIR, une monture ZWO ou des accessoires ZWO.
La ZWO ASI2600MC Duo ajoute un capteur de guidage dans le même boîtier. C’est une excellente façon de simplifier le train optique et le câblage. Il faut simplement vérifier que le champ du capteur guide contient suffisamment d’étoiles avec votre focale et vos filtres. Pour les filtres très étroits ou les focales exigeantes, un diviseur optique séparé peut rester préférable.
Quand passer au monochrome ?
Si votre objectif est de produire des images très détaillées en SHO ou de travailler efficacement sous un ciel urbain, vous pouvez regarder la ZWO ASI2600MM Pro, la ZWO ASI2600MM Duo, la Player One Poseidon-M Pro ou la ToupTek ATR2600M. Le résultat potentiel est supérieur, mais l’investissement total comprend aussi les filtres, la roue ou le tiroir à filtres et davantage de temps de traitement.
Comparatif des caméras planétaires
Player One Mars-C II : simple, rapide et efficace
La Player One Mars-C II est ma recommandation la plus simple pour photographier Jupiter, Saturne et Mars en couleur. Son capteur IMX662 de 2,1 mégapixels possède des pixels de 2,9 µm. Elle atteint 108 images par seconde à pleine résolution en RAW8, ce qui permet déjà d’enregistrer plusieurs milliers d’images en moins d’une minute.
Avec des pixels de 2,9 µm, un rapport focal proche de f/14 à f/15 constitue un bon point de départ en lumière visible lorsque les conditions sont correctes. Un télescope à f/5 pourra donc utiliser une Barlow proche de 3x. Un Schmidt-Cassegrain à f/10 demandera plutôt une amplification modérée. La turbulence réelle doit toujours avoir le dernier mot.
Player One Neptune 664C : plus de champ et toujours beaucoup de vitesse
La Player One Neptune 664C utilise un capteur IMX664 de 4,2 mégapixels avec les mêmes pixels de 2,9 µm. Elle atteint 93 images par seconde en RAW10 sur tout le capteur et jusqu’à 136 images par seconde en RAW8. Son champ plus large facilite le cadrage de la Lune et du Soleil et donne davantage de liberté pour les mosaïques.
Je la choisirais à la place de la Mars-C II si vous voulez une caméra planétaire plus polyvalente pour les grands objets, sans sacrifier la cadence. Pour une petite planète centrée dans un ROI, les deux peuvent travailler très vite.
Player One Saturn-C SQR : le grand capteur carré
La Player One Saturn-C SQR emploie un capteur carré IMX533 de 9 mégapixels, avec des pixels de 3,76 µm et une cadence de 43 images par seconde en RAW8 à pleine résolution. Elle est moins rapide que la Mars-C II, mais son capteur de 16 mm de diagonale couvre une surface nettement plus grande.
Je la recommande surtout pour la Lune, le Soleil et les mosaïques. Avec des pixels de 3,76 µm, un rapport focal proche de f/18 à f/19 est un bon point de départ en haute résolution. Pour Jupiter ou Saturne, un ROI permet de réduire la quantité de données enregistrée.
ToupTek G3M662M : le monochrome rapide à petit prix
La ToupTek G3M662M utilise un capteur IMX662 monochrome de 2,1 mégapixels avec des pixels de 2,9 µm. Elle atteint environ 100 images par seconde en pleine résolution en 8 bits et va plus vite avec un ROI. Le monochrome améliore l’efficacité avec des filtres rouge, infrarouge, méthane ou solaire dédiés.
C’est une caméra très intéressante si vous acceptez d’utiliser des filtres et de produire éventuellement la couleur par plusieurs acquisitions. Elle peut aussi servir au guidage. Pour un débutant qui veut immédiatement une image couleur, la Mars-C II reste plus directe.
ToupTek G3M678M : beaucoup de pixels et un échantillonnage très fin
La ToupTek G3M678M possède un capteur monochrome 4K de 8,3 mégapixels et des pixels de seulement 2 µm. Elle atteint environ 47 à 60 images par seconde sur tout le capteur et dépasse 100 images par seconde avec un ROI typique.
Ses pixels de 2 µm atteignent déjà un échantillonnage planétaire intéressant autour de f/10. Cela évite parfois d’utiliser une Barlow très forte. C’est un vrai avantage avec les instruments qui possèdent déjà une longue focale ou lorsque la turbulence ne permet pas d’agrandir davantage. Son grand nombre de pixels est également utile pour les mosaïques lunaires et solaires.
ZWO ASI585MC Pro : la caméra qui sait presque tout faire
La ZWO ASI585MC Pro atteint 47 images par seconde à pleine résolution. Elle n’égale donc pas la Mars-C II ou la Neptune 664C en vitesse maximale, mais son refroidissement lui permet aussi de réaliser de vraies longues poses en ciel profond. C’est une bonne solution si vous préférez acheter une seule caméra pour commencer et accepter un compromis raisonnable.
La ZWO ASI585MM Pro reprend cette logique en monochrome. Elle est particulièrement intéressante pour le ciel profond avec filtres, la Lune et le Soleil, mais elle demande une gestion des filtres plus complète.
Quel rapport focal choisir en planétaire ?
Une règle pratique consiste à viser un rapport focal proche de cinq fois la taille des pixels en microns pour l’imagerie planétaire en lumière visible. Ce n’est pas une loi absolue, mais c’est un excellent point de départ.
Avec des pixels de 2 µm, commencez autour de f/10. Avec des pixels de 2,9 µm, commencez autour de f/14 à f/15. Avec des pixels de 3,76 µm, commencez autour de f/18 à f/19. Avec des pixels de 5,86 µm, commencez autour de f/29. La longueur d’onde observée, le diamètre du télescope et surtout la turbulence peuvent justifier de travailler plus court.
Il est préférable d’obtenir une image un peu moins agrandie mais lumineuse et rapide qu’une image énorme imposant un gain élevé et des poses trop longues. En planétaire, la cadence et la netteté de chaque image comptent souvent plus qu’un grossissement spectaculaire à l’écran.
Les meilleures caméras pour photographier le Soleil
Avertissement indispensable : une caméra ne protège ni vos yeux ni votre matériel. Ne pointez jamais un télescope vers le Soleil sans un système solaire certifié et correctement installé. Selon l’instrument, il faut un filtre à l’ouverture, un prisme de Herschel compatible ou une lunette solaire dédiée avec son filtre bloquant. Un simple filtre photographique vissé sur la caméra ne suffit pas.
Player One Apollo-M MAX : le spécialiste monochrome
La Player One Apollo-M MAX utilise de grands pixels de 9 µm et atteint 126 images par seconde. Elle est particulièrement adaptée aux systèmes solaires travaillant à longue focale, autour de f/30 à f/35 selon le montage. Ses grands pixels collectent beaucoup de signal, ce qui est précieux avec un filtre H-alpha très étroit.
Player One Apollo-C : grande vitesse et obturateur global
La Player One Apollo-C utilise un capteur IMX174 couleur avec des pixels de 5,86 µm, un obturateur global et une cadence pouvant atteindre 164 images par seconde. L’obturateur global lit tous les pixels au même instant, ce qui réduit les déformations liées à une lecture ligne par ligne.
La version couleur est simple à utiliser, mais pour un système H-alpha très étroit, une caméra monochrome exploite généralement mieux la lumière disponible. L’Apollo-C reste particulièrement attrayante pour la lumière blanche, la Lune et les acquisitions très rapides.
ToupTek G3M678M et G3M662M : deux options solaires compactes
La ToupTek G3M678M est idéale si vous voulez couvrir une grande zone du Soleil avec beaucoup de définition. La ToupTek G3M662M possède moins de pixels, mais atteint environ 100 images par seconde en pleine résolution et produit des fichiers plus légers. Le meilleur choix dépend donc du champ solaire à couvrir et de la puissance de votre ordinateur.
ZWO ASI585MM Pro : solaire, lunaire et ciel profond
La ZWO ASI585MM Pro est une solution polyvalente pour l’utilisateur qui veut photographier le Soleil en monochrome puis employer la même caméra sur les nébuleuses et les galaxies. Son grand capteur 4K facilite les mosaïques. Pour un usage solaire exclusivement centré sur la cadence maximale, une Apollo ou une petite caméra planétaire dédiée reste plus spécialisée.
Le matériel à prévoir autour de la caméra
Une optique adaptée
Pour un premier setup de ciel profond, une lunette à champ corrigé comme l’Askar 71F est très simple à vivre. Avec sa focale proche de 490 mm et une caméra à pixels de 3,76 µm, l’échantillonnage est d’environ 1,58 seconde d’arc par pixel. Cela forme un ensemble équilibré pour les nébuleuses, les amas et les grandes galaxies.
Un filtre adapté à votre ciel
Avec une caméra couleur et des nébuleuses en émission, un filtre double bande comme l’Antlia ALP-T 5 nm H-alpha et OIII augmente fortement le contraste sous un ciel pollué. Ce type de filtre n’est pas universel : il est excellent sur les nébuleuses en émission, mais il n’est pas le bon choix pour les galaxies, les amas ou les nébuleuses par réflexion.
Le guidage
Pour les longues poses, vous pouvez utiliser une petite lunette guide ou un diviseur optique. Je préfère généralement le diviseur optique, car la caméra guide observe à travers le même instrument que la caméra principale. Le ToupTek OAG-X est une solution compacte. Pour guider, une caméra monochrome sensible comme la ToupTek IMX290 Mono peut parfaitement faire le travail.
Si vous recherchez la simplicité maximale dans l’écosystème ZWO, la ZWO ASI2600MC Duo ou la ZWO ASI2600MM Duo évite l’achat d’une caméra guide séparée.
Le pilotage du setup
Le ToupTek StellaVita est intéressant si vous voulez piloter différentes marques de caméras et conserver un setup ouvert. Le ZWO ASIAIR Plus offre une expérience très fluide avec les caméras principales ZWO, les montures compatibles et les accessoires ZWO. Le choix de l’ordinateur de bord doit donc être fait en même temps que celui de la caméra, et non après.
La monture et la mise au point
Une bonne caméra ne compense pas un suivi irrégulier. Pour un setup nomade moderne, la ZWO AM5N offre une capacité de charge confortable dans un format harmonique compact. Pour un ensemble plus léger, la ZWO AM3N est très intéressante. Un moteur de mise au point comme le ZWO EAF ou le ToupTek AAF permet de refaire automatiquement la mise au point lorsque la température change.
Trois setups simples que je recommande
Setup couleur accessible pour le ciel profond
Je partirais sur l’Askar 71F, la ToupTek ATR585C, le ToupTek StellaVita et un système de guidage simple. C’est compact, cohérent et assez performant pour apprendre sérieusement l’acquisition et le traitement.
Setup APS-C couleur haute qualité
Je choisirais une caméra IMX571 : ToupTek ATR2600C, Player One Poseidon-C Pro ou ZWO ASI2600MC Pro. J’ajouterais un filtre adapté aux cibles, un guidage par diviseur optique, une mise au point motorisée et une monture dimensionnée avec une marge confortable.
Setup simple pour Jupiter, Saturne et Mars
Je partirais sur la Player One Mars-C II, une Barlow choisie pour atteindre environ f/15 et, si la planète reste basse sur l’horizon, un correcteur de dispersion atmosphérique. Cette configuration permet de se concentrer sur la collimation, la mise au point et le traitement sans ajouter immédiatement une roue à filtres.
Questions fréquentes sur les caméras d’astrophotographie
Quelle caméra choisir pour débuter en astrophotographie ?
Pour le ciel profond, je recommande une caméra couleur refroidie comme la ToupTek ATR585C, la ZWO ASI585MC Pro ou la ZWO ASI533MC Pro. Pour les planètes, la Player One Mars-C II est plus simple, moins chère et plus rapide. Une seule caméra ne peut pas être optimale dans tous les domaines.
Est-ce que plus de mégapixels signifie une meilleure caméra ?
Non. Les mégapixels déterminent surtout la définition du fichier et, avec la taille du capteur, le champ couvert. La qualité finale dépend aussi de l’échantillonnage, du bruit, de la dynamique, du refroidissement, de l’optique, du suivi et de la turbulence.
Combien de FPS faut-il pour les planètes ?
Une cadence réelle de 60 à 100 images par seconde est déjà excellente pour de nombreuses situations. Les 100 à 160 images par seconde sont utiles sur les cibles lumineuses, avec une exposition très courte et un ROI. Une caméra annoncée à 150 FPS ne les atteindra pas si l’exposition, le mode de lecture ou l’ordinateur limitent le débit.
Faut-il une caméra monochrome pour le solaire ?
Pour un filtre solaire étroit comme le H-alpha ou le Ca-K, le monochrome est généralement le meilleur choix, car chaque pixel reçoit le signal utile. Une caméra couleur reste plus simple et peut être très efficace en lumière blanche, en lunaire et pour un usage polyvalent.
Comment savoir si l’échantillonnage est correct ?
Calculez 206,265 multiplié par la taille des pixels, puis divisez par la focale. En ciel profond, une valeur proche de 1 à 2 secondes d’arc par pixel est un point de départ confortable. En planétaire, utilisez la règle pratique du rapport focal égal à environ cinq fois la taille des pixels en microns, puis adaptez selon la turbulence.
Une caméra refroidie est-elle obligatoire ?
Elle n’est pas obligatoire pour les planètes, la Lune ou le Soleil. Elle est en revanche vivement recommandée pour le ciel profond, car les poses longues produisent davantage de bruit thermique et bénéficient d’une température stable.
ToupTek, Player One et ZWO donnent-elles des images très différentes avec le même capteur ?
Avec un capteur identique et de bons réglages, les différences d’image brute peuvent être plus faibles qu’on ne l’imagine. La mécanique, le refroidissement, la mémoire tampon, la connectique, le réglage du tilt, les pilotes et l’écosystème logiciel deviennent alors déterminants. Il faut choisir le système complet, pas uniquement le nom du capteur.
Quelle est la meilleure caméra unique pour tout faire ?
Une caméra refroidie IMX585 comme la ToupTek ATR585C ou la ZWO ASI585MC Pro représente le compromis le plus raisonnable entre ciel profond, lunaire et planétaire. Elle ne sera toutefois ni aussi rapide qu’une Mars-C II sur Jupiter, ni aussi large qu’une caméra APS-C sur les grandes nébuleuses. Si votre projet est clairement défini, une caméra spécialisée donnera de meilleurs résultats.
Mon conseil final
Ne choisissez pas une caméra uniquement parce qu’elle possède le plus grand capteur ou le nombre de FPS le plus élevé. Commencez par votre télescope, sa focale, son rapport d’ouverture et les objets que vous voulez photographier. Vérifiez ensuite l’échantillonnage et le champ, puis choisissez l’écosystème de pilotage.
Pour le ciel profond en couleur, l’IMX585 est le point d’entrée intelligent et l’IMX571 est le grand saut vers un setup durable. Pour les planètes, les pixels de 2,9 µm et une cadence proche de 100 images par seconde forment un excellent équilibre. Pour le Soleil, privilégiez le monochrome, un capteur adapté à votre champ et surtout un système de filtration solaire certifié.
Si vous hésitez entre deux modèles, le plus utile est de partir de votre télescope, de votre focale et de votre cible principale. Vous pouvez me contacter avec ces trois informations afin de vérifier le champ, l’échantillonnage, le rapport focal et les accessoires nécessaires avant l’achat.




