Équinoxe de septembre 2026 : l’automne astronomique commence, voici quoi observer depuis la Suisse

Saturne et ses anneaux photographies par le telescope spatial Hubble (NASA) - l'opposition du 4 octobre 2026 est l'evenement planetaire de l'automne

Le 23 septembre 2026 à 00:05 UTC, le Soleil traverse l’équateur céleste vers le sud. C’est l’équinoxe d’automne : les nuits s’allongent, les températures restent douces, et la saison d’observation astronomique reprend dans des conditions idéales. Pas encore trop froid pour rester dehors, assez de nuit noire pour observer. Voici la liste de ce qui vous attend cet automne, depuis la Suisse, avec les planètes visibles, leur hauteur, les événements à ne pas manquer, et des idées d’astrophoto pour chaque niveau d’équipement.

L’équinoxe : ce qui change

À l’équinoxe, le Soleil passe exactement sur l’équateur céleste. Jour et nuit ont la même durée – d’où le nom. À partir de ce moment dans l’hémisphère nord, les nuits s’allongent rapidement : on gagne environ 3 minutes de nuit supplémentaire par jour à nos latitudes. Fin septembre, la nuit astronomique (Soleil à 18 degrés sous l’horizon) tombe vers 21:30 en Suisse. Fin octobre, c’est dès 19:00. Décembre, dès 17:30.

L’autre avantage de l’automne, c’est la température. On peut encore observer sans gants, sans chaud, sans avoir à craindre le gel sur l’optique. Octobre en Suisse, c’est 5 à 15 degrés la nuit : parfait pour passer deux ou trois heures dehors sans souffrir. Novembre, il faudra commencer à se couvrir, mais les nuits sont longues et les cibles d’automne sont de retour.

Les planètes visibles depuis la Suisse cet automne

Saturne : l’étoile de la saison

Saturne atteint son opposition le 4 octobre 2026 dans la Baleine. C’est l’événement planétaire de l’automne. À l’opposition, Saturne est visible toute la nuit, au plus haut et au plus brillant (magnitude +0,1).

Depuis la Suisse (~47 degrés N), Saturne culmine à environ 38 degrés de hauteur plein sud. C’est confortable pour un télescope – pas trop haut pour éviter les torticolis, assez haut pour s’affranchir de la majorité de l’absorption atmosphérique. Les anneaux sont le spectacle incontournable. Avec un 150 mm, on distingue la division de Cassini. Avec un 200 mm ou plus, on commence à voir les ombres projetées par les anneaux sur la planète.

Saturne reste visible en soirée jusqu’en décembre, perdant progressivement de la hauteur.

Jupiter : le matin, mais qui se rapproche

Jupiter est une planète du matin en septembre et octobre 2026. Il se lève vers minuit en début septembre, puis de plus en plus tôt. Le 24 septembre, Jupiter passe du Cancer au Lion. Magnitude -1,9.

Depuis la Suisse, Jupiter culmine à environ 50 degrés de hauteur à la fin de l’automne (début novembre). C’est une cible excellente pour l’observation des lunes galiléennes et des transits. Les nuits de novembre, Jupiter est haut dans le ciel avant l’aube, avec les quatre satellites galiléens bien séparés.

Jupiter atteint son opposition le 9 février 2027. Donc cet automne, c’est une cible du petit matin qui se prépare.

Mars : le matin, qui monte

Mars est une planète du matin, en train de remonter. Magnitude +1,1 en fin septembre, elle est près de Castor et Pollux dans les Gémeaux. Le 25 septembre, Mars s’aligne avec les deux étoiles. En octobre, Mars traverse l’essaim du Ruche (M44) les 10-12 octobre – un bel événement pour l’observation et l’astrophoto.

Depuis la Suisse, Mars culmine à environ 51 degrés à partir de fin novembre. Son opposition arrive le 27 janvier 2027. Cet automne, c’est une cible du petit matin, mais qui prend de la hauteur et de l’éclat au fil des semaines.

Uranus : la cachée accessible

Uranus atteint sa hauteur de culmination maximale de 58 degrés à partir du 25 septembre. Magnitude +5,7, près d’Omega Tauri. Uranus est visible à l’œil nu sous un ciel très noir, mais il faut des jumelles ou un télescope pour la distinguer des étoiles. Son opposition est le 25 novembre.

Depuis la Suisse, 58 degrés de culmination, c’est très haut – plus haut que Saturne ou Neptune. Une cible confortable pour un télescope de 100 mm ou plus, où elle apparaît comme un petit disque bleu-vert.

Neptune : visible toute la nuit

Neptune est en opposition le 26 septembre – voir notre article dédié. Magnitude +7,8 dans les Poissons, culmination à 37 degrés depuis la Suisse. Visible aux jumelles comme un point, au télescope 150 mm comme un disque bleu de 2,4 secondes d’arc.

Vénus et Mercure : difficiles

Vénus est une planète du soir, mais elle se couche moins d’une heure après le Soleil en fin septembre. Elle est à son éclat maximal (magnitude -4,5), très basse dans le crépuscule ouest. Difficile depuis nos latitudes. Vénus revient en planète du matin à partir de fin octobre (conjonction inférieure le 24 octobre).

Mercure est en élongation orientale maximale le 12 octobre, mais reste très bas sur l’horizon ouest. Difficile depuis la Suisse.

Les événements astronomiques de l’automne 2026

Septembre

  • 23 septembre : Équinoxe d’automne à 00:05 UTC. Le Soleil traverse l’équateur céleste vers le sud.
  • 26 septembre : Neptune en opposition. Magnitude +7,8 dans les Poissons, 37 degrés de culmination depuis la Suisse.
  • 26 septembre : Pleine Lune de la moisson (Harvest Moon) à 16:49 UTC. La Pleine Lune la plus proche de l’équinoxe.
  • 28-30 septembre : La Lune gibbeuse décroissante passe près des Pléiades et d’Aldébaran.

Octobre

  • 4 octobre : Saturne en opposition. Magnitude +0,1 dans la Baleine. 38 degrés de culmination depuis la Suisse. L’événement planétaire de l’automne.
  • 5 octobre : La Lune rend visite à Mars à l’aube.
  • 10-12 octobre : Mars traverse l’essaim du Ruche (M44, Beehive Cluster). Un beau cliché pour l’astrophoto : Mars et l’essaim dans le même champ.
  • 13 octobre : Vesta atteint son opposition. L’astéroïde brille à la magnitude +6,0 dans la Baleine.
  • 21-22 octobre : Pic des Orionides. Essaim météoritique issu de la comète de Halley. La Lune gibbeuse croissante interfère, mais les Orionides sont actives du 2 octobre au 7 novembre.
  • 28 octobre : Occultation lunaire des Pléiades.

Novembre

  • 2 novembre : Alignement du matin avec Régulus, Jupiter, Mars, la Lune gibbeuse décroissante et le Ruche. Un panorama du matin à photographier.
  • 25 novembre : Uranus en opposition. Magnitude +5,6 dans le Taureau, 58 degrés de culmination.
  • 24 novembre : Pleine Lune supermoon.
  • 17 novembre : Pic des Léonides. Essaim météoritique modéré, environ 15 météores par heure.

Décembre

  • 14 décembre : Pic des Géminides. L’un des meilleurs essaims météoritiques de l’année, jusqu’à 120 météores par heure. La Lune croissante finissante se couche vers 21:00 – conditions idéales.
  • 21 décembre : Solstice d’hiver. Les nuits les plus longues de l’année.
  • 24 décembre : Pleine Lune supermoon.

Liste d’observation et idées d’astrophoto

Au télescope débutant (150 mm ou équivalent)

  1. Saturne et ses anneaux – l’opposition du 4 octobre est le moment parfait. Cherchez la division de Cassini.
  2. Jupiter et ses lunes galiléennes – le matin avant l’aube, à partir de fin octobre. Io, Europe, Ganymède et Callisto changent de position chaque nuit.
  3. Mars et le Ruche (M44) – les 10-12 octobre, Mars traverse l’essaim. Un champ large au télescope ou aux jumelles.
  4. Neptune – le disque bleu de 2,4 secondes d’arc, 37 degrés de culmination. Repérez Saturne d’abord, puis 9 degrés vers l’ouest-sud-ouest.
  5. Uranus – magnitude +5,7, 58 degrés de culmination. Un disque bleu-vert à 150x.

En astrophotographie (smart telescope ou setup modeste)

  1. M31 (Galaxie d’Andromède) – la cible phare de l’automne. Se place haut dans le ciel dès septembre, culmination à plus de 70 degrés depuis la Suisse. Accessible avec un smart telescope (Seestar S50, DWARF 3) ou un setup 50-80 mm.
  2. M33 (Galaxie du Triangle) – plus petite que M31 mais accessible au même moment. À tenter sous un ciel noir.
  3. Le Double Amas de Persée (NGC 869 / NGC 884) – deux amas brillants côte à côte. Un bonheur au télescope visuel, et un cliché large facile en astrophoto.
  4. M45 (Pléiades) – se lève en début de soirée en octobre. Un cliché large avec un reflex ou un smart telescope en mode Voie lactée. La Lune passera près des Pléiades le 28 octobre (occultation).
  5. NGC 7000 (Nébuleuse de l’Amérique du Nord) – près de Deneb. Accessible au smart telescope avec filtre Ha-OIII. Se place haut en septembre-octobre.
  6. Le champ de Mars et l’essaim du Ruche – les 10-12 octobre. Un cliché large avec un smart telescope en mode grand champ ou un téléobjectif.

En observation visuelle à l’œil nu

  1. La Voie lactée d’automne – encore visible en septembre bas sur l’horizon sud-ouest, elle se couche progressivement. À observer avant fin octobre.
  2. Les Pléiades – se lèvent en fin de soirée en septembre, haut dans le ciel en novembre. L’amas le plus facile à l’œil nu.
  3. Le Double Amas de Persée – visible à l’œil nu comme une tache floue entre Persée et Cassiopée. Des jumelles le transforment en deux amas distincts.
  4. Les Géminides – 14 décembre. Le meilleur essaim météoritique de fin d’année. Pas besoin d’équipement, juste d’un fauteuil et d’une couverture.
  5. Alignement du matin du 2 novembre – Régulus, Jupiter, Mars et la Lune alignés dans le ciel avant l’aube. À voir et à photographier avec un smartphone ou un reflex.

Pourquoi l’automne est la meilleure saison pour l’astro en Suisse

Trois raisons. D’abord, les nuits s’allongent : on passe de 8-9 heures de nuit noire en septembre à plus de 12 heures en décembre. Ensuite, il ne fait pas encore trop froid : en octobre, 5 à 15 degrés la nuit, c’est confortable pour observer. Enfin, les cibles d’automne sont parmi les plus belles : M31, les Pléiades, le Double Amas, Saturne et Jupiter en chaînage. C’est aussi la saison où les smart telescopes donnent leur pleine mesure – des nuits longues, des cibles haut dans le ciel, et des températures qui ne tuent pas la batterie.

Profitez-en. Les nuits de septembre sont encore douces. Celles d’octobre sont les plus confortables. Celles de novembre et décembre sont longues mais demandent des gants. Mais toutes sont meilleures que les nuits d’été, où le ciel ne devient jamais vraiment noir.

Quellen: Sky at Night Magazine – Planètes visibles en 2026 (Pete Lawrence) ; EarthSky – Équinoxe de septembre 2026 ; NASA – Événements astronomiques 2026 ; Royal Museum Greenwich – Highlights 2026.

Siehe auch auf Deep Space Astronomy: Neptune en opposition le 26 septembre 2026 ; Barlow et backfocus

Unterschrift: CBurkhalter

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