Le Seestar S30 Pro de ZWO est le smart telescope le plus abordable du marché. À CHF 588 sur notre boutique, il ouvre la porte de l’astrophotographie automatique sans compromis sur la simplicité. Voici un tour complet de ce que cet appareil de 1,65 kg peut faire, avec des exemples concrets.
All the info at a glance
- Ouverture : 30 mm (objectif téléphoto principal)
- Focale : 160 mm, f/5,3 (4 éléments apochromatiques avec verre ED)
- Caméra principale : Sony IMX585, 8,3 MP (3840 x 2160), 1/1,2 pouce, Starvis 2
- Caméra grand champ : Sony IMX586, 8,3 MP, focale 6 mm, f/1,75, champ 63 degrés
- Double caméra 4K : téléphoto pour le ciel profond, grand-angle pour la Voie lactée
- Filtres internes : clair UV/IR-cut, dual-band (Ha 20 nm / OIII 30 nm), dark frame automatique
- Chauffe anti-brume intégrée autour de l’objectif principal
- Mode Voie lactée : panorama 8K avec séparation AI de l’avant-plan
- Mode équatorial : poses jusqu’à 60 secondes sur wedge incliné
- Batterie : 6 000 mAh, environ 6 heures d’autonomie
- Stockage : 128 Go internes
- Poids : 1,65 kg (télescope seul)
- Prix : CHF 588 sur notre boutique
- Filtre solaire magnétique inclus
Un smart telescope, deux caméras
Le S30 Pro est le premier smart telescope de cette gamme à embarquer une double caméra. L’objectif téléphoto principal (30 mm, 160 mm de focale, f/5,3) utilise un capteur Sony IMX585 de 8,3 mégapixels en 4K (3840 x 2160). C’est le même type de capteur que celui utilisé dans des caméras d’astrophotographie dédiées montées sur des télescopes beaucoup plus grands.
La deuxième caméra est un grand-angle (6 mm, f/1,75, 63 degrés de champ) qui sert d’abord à l’alignement automatique par platesolving, mais aussi à la photographie de la Voie lactée. Le mode Voie lactée utilise ce grand-angle pour capturer toute une constellation en une seule image 4K, avec un suivi léger pour éviter le filé des étoiles. Le S30 Pro bascule entre les deux caméras automatiquement selon la cible sélectionnée dans l’application.
Des exemples concrets : ce que le S30 Pro capture vraiment
Pour se faire une idée précise de ce que 30 mm d’ouverture peuvent produire, rien ne vaut des images réelles. Le test suivant s’appuie sur le compte-rendu détaillé de Richard Harris (ScopeTrader, 40 ans d’expérience, directeur de l’Ozark Hills Observatory), publié sur le site officiel de Seestar.
Nébuleuse d’Orion (M42)

Après environ 3 heures de cumul d’expositions courtes (10 secondes empilées en temps réel), le S30 Pro produit une image de M42 où l’on distingue les étoiles du trapèze central, les nuages de gaz pourpres et rouges, et des extensions ténuentes vers l’extérieur. La première image brute montre une tache grise floue, mais au fil des empilements successifs, la nébuleuse prend forme et couleur. C’est le principe du live stacking : chaque image ajoutée révèle un peu plus de détail.
Galaxie du Triangle (M33)
Après 20 minutes d’exposition cumulée, une structure spirale fainte mais identifiable apparaît dans l’image de M33. Ce n’est pas une image de qualité APOD (Astronomy Picture of the Day), mais pour un télescope de la taille d’une boisson, capturer une galaxie spirale sans aucune intervention manuelle reste impressionnant.
Amas des Pléiades (M45)
En 30 minutes d’empilement, le S30 Pro capture les sept étoiles les plus brillantes des Pléiades avec des spikes de diffraction, ainsi qu’une faible nébuleuse de réflexion bleutée autour d’elles. La sensibilité du capteur IMX585 tire parti de chaque photon collecté par les 30 mm d’ouverture.
Voie lactée en grand champ
Avec la caméra grand-angle, le mode Voie lactée capture la bande complète de la Voie lactée en une seule image : nuages stellaires de Sagittaire, lignées de poussière sombres, et même des traces de la nébuleuse d’Orion et de la Rosette comme de petites taches faintes. Le S30 Pro suit le ciel pendant la prise de vue pour éviter le filé. Sous un ciel vraiment sombre (Bortle 1-2), les résultats sont saisissants. Sous un ciel suburbain (Bortle 3-4), la Voie lactée reste visible mais plus discrète : une rivière douce de lumière plutôt qu’une structure éclatante.
The Moon
La Lune est une cible facile pour le S30 Pro. Le mode lunaire utilise la caméra téléphoto pour capturer une image nette du demi-Lune avec des cratères comme Clavius et Tycho bien visibles. Le capteur 4K remplit le cadre avec le disque lunaire complet, et l’application gère l’exposition en HDR pour éviter de surexposer les zones les plus brillantes.
Filtres internes : un mini narrowband quand il faut
Le S30 Pro embarque une roue à filtres motorisée avec trois positions : un filtre clair UV/IR-cut standard, un filtre dual-band (passe-bande Ha 20 nm et OIII 30 nm) pour la pollution lumineuse, et un filtre opaque pour les dark frames automatiques. Le filtre dual-band fait passer les longueurs d’onde des nébuleuses émissives (hydrogène-alpha et oxygène-III) tout en bloquant la lumière parasite de la ville. Résultat : sous un ciel suburbain, la nébuleuse d’Amérique du Nord (NGC 7000) apparaît comme une tache rouge distincte après empilement, alors que sans filtre elle était noyée dans le skyglow.
Tout se fait depuis l’application : un simple bouton active ou désactive le filtre de pollution lumineuse. Pas de filtres à visser par -10 degrés au milieu de la nuit.
Mode équatorial : 60 secondes de pose pour les nébuleuses faintes
Le S30 Pro utilise par défaut une monture azimutale (alt-az). Pour les poses courtes (5 à 15 secondes), c’est parfait. Mais pour pousser plus loin, le S30 Pro supporte un mode équatorial : on le monte sur un wedge incliné à la latitude, on pointe vers le nord, et l’appareil traite l’axe azimutal comme l’ascension droite. En mode EQ, les poses individuelles atteignent 60 secondes sans filé d’étoiles.
La différence est concrète : sur la nébuleuse de Californie, 40 minutes en mode EQ avec des poses de 60 secondes donnent une image plus profonde et plus nette que 40 minutes en mode alt-az avec des poses de 10 secondes. Le rapport signal/bruit s’améliore parce que chaque sous-pose capture plus de signal par rapport au bruit de lecture.
Récupérer les brutes : aller plus loin que le JPEG
Le S30 Pro sauvegarde des JPEG pour le partage rapide, mais aussi des fichiers FITS bruts pour le post-traitement. Ces brutes contiennent toutes les données du capteur, sans compression ni débruitage. Dans un logiciel comme PixInsight ou Photoshop, on peut étirer les niveaux, réduire le bruit, améliorer les couleurs, et obtenir des résultats nettement supérieurs au JPEG automatique.
Nous avons écrit un guide complet pour récupérer les brutes de son smart telescope, qui couvre le Seestar, le DWARFLAB et la Vespera. Si vous voulez pousser vos images du S30 Pro plus loin que ce que l’application produit seule, c’est par là.
Où ça se place dans la gamme des smart telescopes
Le S30 Pro à 30 mm d’ouverture est le smart telescope le plus abordable de la famille ZWO. Le Seestar S50 Pro monte à 50 mm pour plus de lumière collectée. Le DWARFLAB Draco va à 90 mm avec un capteur refroidi par TEC. Et l’Atlas de Vaonis (80 mm f/4,5 APO quadruplet) se positionne sur le segment premium.
Le S30 Pro vise clairement l’entrée de gamme : un télescope qu’on sort de son sac, qu’on pose sur une table, et qui commence à photographier en moins de 5 minutes. Pas d’équilibrage, pas de viseur polaire, pas d’oculaire à insérer. Le setup complet tient dans un sac compact pas plus grand qu’une boîte à lunch.
For whom?
Le S30 Pro s’adresse à ceux qui veulent commencer l’astrophotographie sans se lancer dans un setup complexe. C’est le télescope qu’on utilise effectivement chaque soir dégagé, parce qu’il demande zéro effort. Il est aussi parfait pour l’initiation : enfants, amis, outreach public. Plusieurs personnes peuvent regarder l’écran en même temps, ce qui est impossible avec un oculaire.
Pour les astrophotographes confirmés, c’est un complément : un appareil qu’on garde à portée de main pour les soirs où installer la monture lourde est trop de travail. Et grâce aux fichiers FITS bruts, on peut traiter les images dans un logiciel dédié si on le souhaite.
The Seestar S30 Pro est disponible sur notre boutique à CHF 588. Ces modèles partent souvent vite : si la fiche indique une rupture de stock, inscrivez-vous pour être prévenu du retour.
Sources
Cet article s’appuie sur le test détaillé de Richard Harris (ScopeTrader, directeur de l’Ozark Hills Observatory), publié sur Seestar.com, ainsi que sur les spécifications officielles ZWO/Seestar. Les images d’exemples (nébuleuse d’Orion, Voie lactée) sont créditées à Richard Harris / ScopeTrader.




