Les Orionides sont l’essaim météoritique issu de la plus célèbre des comètes : 1P/Halley. Chaque octobre, la Terre traverse le courant de poussière laissé par Halley lors de ses passages successifs autour du Soleil. Le pic de l’essaim est attendu dans la nuit du 21 au 22 octobre 2026. Les météores sont rapides, parfois brillants, et certains laissent des traînées persistantes. C’est le second essaim d’automne après les Draconides du 9 octobre.
D’où viennent les Orionides ?
La comète de Halley (1P/Halley) fait un tour du Soleil tous les 76 ans environ. À chaque passage, elle perd des grains de poussière qui se répartissent le long de son orbite. Ces grains se déplacent dans le Système solaire à la même vitesse que la comète – environ 66 km/s par rapport à la Terre. Quand la Terre traverse ce courant de poussière, les grains pénètrent dans l’atmosphère à cette vitesse, brûlent, et créent une étoile filante.
Edmond Halley a démontré en 1705 que les comètes observées en 1531, 1607 et 1682 étaient en fait la même comète, revenant tous les 76 ans. Il a prédit son retour en 1758 – et la comète est revenue comme prévu. Le dernier passage de Halley a été en 1986. Le prochain est attendu en 2061.
Les Orionides ne sont pas le seul essaim issu de Halley. Les Éta Aquarides, en mai, proviennent également de la même comète. Halley a donc laissé deux courants de poussière que la Terre traverse chaque année : un au printemps, un en automne.
Pourquoi c’est un essaim rapide
À 66 km/s, les Orionides sont parmi les météores les plus rapides des grands essaims annuels. Pour comparaison, les Draconides (début octobre) entrent à 20 km/s, les Géminides (décembre) à 35 km/s, et les Perséides (août) à 59 km/s.
Cette vitesse élevée a deux conséquences :
- Des traînées persistantes : les météores très rapides créent des colonnes de gaz ionisé dans la haute atmosphère. Ces colonnes peuvent rester visibles pendant plusieurs secondes, voire une minute, après le passage du météore. C’est ce qu’on appelle un train persistant.
- Des météores brillants : l’énergie cinétique d’un grain à 66 km/s est considérable. Les Orionides produisent régulièrement des bolides – des météores plus brillants que Vénus – et parfois des boules de feu.
Le ZHR (Zenithal Hourly Rate) des Orionides est d’environ 10 à 20 météores par heure en année normale. Mais les Orionides sont connues pour leur variabilité : certaines années produisent des pics plus élevés, avec des rates observées jusqu’à 30-50 météores par heure. L’American Meteor Society précise que les Orionides sont un essaim de force moyenne qui atteint parfois une activité élevée.
Le radiant : dans Orion, mais ne regardez pas là
Le radiant des Orionides – le point d’où semblent partir les météores – se trouve dans la constellation d’Orion, près de l’étoile Gamma Orionis (Bellatrix), le côté droit du chasseur.
Mais comme l’explique la NASA : ne regardez pas directement le radiant. Les météores sont visibles dans tout le ciel. Si vous regardez directement le radiant, les météores paraîtront courts – c’est un effet de perspective appelé raccourcissement. Le meilleur endroit pour regarder est à 45 à 90 degrés du radiant, là où les météores paraîtront les plus longs.
Depuis la Suisse, Orion se lève vers 22h-23h à fin octobre, au sud-est. Le radiant est haut dans le ciel vers 2h-3h du matin. C’est la meilleure fenêtre d’observation : le radiant est haut, et les météores sont bien visibles.
Les conditions de Lune en 2026
En 2026, la Pleine Lune tombe le 26 octobre à 04:12 UTC. Le pic des Orionides (21-22 octobre) tombe donc pendant une Lune gibbeuse croissante, éclairée à environ 76%. La Lune est levée pendant une bonne partie de la nuit.
Mais il y a une bonne nouvelle : la Lune se couche plusieurs heures avant l’aube. Selon l’EarthSky et l’American Meteor Society, la meilleure fenêtre d’observation est pendant les heures sombres avant l’aube – après le coucher de la Lune et avant le lever du jour. C’est une fenêtre d’environ 2-3 heures, entre environ 3h et 5h30 du matin heure locale en Suisse.
La Lune gibbeuse réduira le nombre de météores visibles – les météores faibles seront noyés dans la lumière lunaire. Mais les météores brillants et les bolides resteront visibles. Et les Orionides produisent justement des météores brillants – c’est un avantage de leur vitesse élevée.
Comment observer
Le matériel : vos yeux
Comme pour les Draconides, le matériel c’est simple : vos yeux. Pas de jumelles, pas de télescope. Les météores sont visibles uniquement à l’œil nu, et le champ d’un instrument est beaucoup trop étroit pour capturer un essaim météorique.
Le matériel nécessaire :
- Un ciel sombre – éloignez-vous des lumières de la ville. Un site Bortle 3-4 ou meilleur est idéal. Avec la Lune gibbeuse, un ciel très sombre est encore plus important pour compenser la lumière lunaire.
- Une chaise longue ou un fauteuil – vous allez regarder vers le haut pendant une heure ou deux.
- Des vêtements chauds – fin octobre, la nuit avant l’aube, la température peut être glaciale. Veste, bonnet, gants, couverture.
- 20-30 minutes d’adaptation à l’obscurité – laissez vos yeux s’adapter. Ne regardez pas votre téléphone. La lumière d’un écran ruine l’adaptation nocturne.
- Optionnel : une thermos de boisson chaude.
Quand observer
- Nuit du 21 au 22 octobre 2026 : c’est la nuit du pic. Le meilleur créneau est entre 3h et 5h30 du matin, après le coucher de la Lune et avant l’aube.
- Nuits du 20 au 21 et du 22 au 23 octobre : les Orionides ont un pic large et plateau. Plusieurs nuirs autour du pic peuvent offrir une bonne activité. Même fenêtre avant l’aube.
- Nuits du 19 au 20 et du 23 au 24 octobre : activité réduite mais encore détectable. Si la météo ne coopère pas le 21, ces nuits sont des alternatives.
Où regarder
Asseyez-vous face au sud-est, et regardez à environ 45 degrés au-dessus de l’horizon. Orion sera devant vous, haut dans le ciel. Les météores peuvent apparaître dans n’importe quelle direction – le sud, l’est, le zénith, même le nord. Le plus important est de couvrir le plus de ciel possible avec votre champ de vision.
À quoi s’attendre
Avec la Lune gibbeuse à 76%, attendez-vous à voir environ 5-10 météores par heure sous un ciel sombre, contre 10-20 en année normale sans Lune. Les météores seront rapides – très rapides – avec parfois des traînées persistantes. Les bolides, s’ils se produisent, seront visibles même avec la lumière lunaire.
Pour la photo : mêmes principes que les Draconides
La méthode photographique est la même que pour les Draconides : un APN avec un objectif grand-angle, un trépied stable, un intervalomètre, et des poses de 30 secondes en continu.
Le setup
- Appareil photo : un APN ou hybride avec mode manuel (M). Un reflex d’entrée de gamme suffit.
- Objective : un grand-angle, 18-35 mm sur APS-C ou 24-50 mm sur plein format.
- Opening : f/2.8 à f/4 – ouvrez au maximum.
- ISO : 1600 à 3200. Avec la Lune gibbeuse, le fond de ciel sera plus lumineux. Réduisez l’ISO si le ciel est trop brillant.
- Poses : 30 secondes par image. Avec la Lune, le fond de ciel sera plus clair, donc attention à ne pas surexposer.
- Intervalle : un intervalomètre pour prendre des poses en continu, sans pause entre les expositions.
- Focusing : manuelle, sur l’infini. Verrouillez la bague avec du ruban adhésif.
- Format : RAW, toujours.
L’avant-plan
Comme pour les Draconides, un avant-plan sympa transforme une photo technique en image mémorable. Un arbre, une grange, un chalet, des montagnes – n’importe quel élément terrestre qui donne un contexte. Orion se lève au sud-est, donc un avant-plan orienté dans cette direction est idéal.
Ce qu’on peut capturer
Avec un ZHR de 10-20 et une Lune à 76%, les captures seront moins nombreuses que sous un ciel sans Lune. Sur une session de 2 heures (240 poses), attendez-vous à 2-6 météores capturés. Mais les Orionides étant rapides et parfois brillantes, chaque capture sera spectaculaire – une traînée lumineuse nette et rapide à travers le ciel.
Orionides vs Draconides : les différences
Les deux essaims d’automne sont très différents :
| | Draconides | Orionides |
|—|—|—|
| Date | 8-9 octobre | 21-22 octobre |
| Comète parente | 21P/Giacobini-Zinner | 1P/Halley |
| Vitesse | 20 km/s (lent) | 66 km/s (rapide) |
| ZHR | ~10 | ~10-20 |
| Quand observer | Dès la tombée de la nuit | Avant l’aube |
| Lune 2026 | Quasi absente | Gibbeuse 76% |
| Caractère | Lents, languissants | Rapides, traînées |
Les Draconides étaient à observer en début de soirée, sans Lune. Les Orionides sont à observer avant l’aube, avec une Lune gibbeuse. Deux essaims, deux ambiances, deux méthodes d’observation différentes. L’automne 2026 offre les deux.
In practice
- Quand : nuit du 21 au 22 octobre 2026, entre 3h et 5h30 du matin (après le coucher de la Lune, avant l’aube).
- Où : sous un ciel sombre, éloigné des lumières de la ville.
- Direction : face au sud-est, regard à 45 degrés au-dessus de l’horizon. Orion est haut dans le ciel.
- Matériel : vos yeux, une chaise longue, des vêtements chauds. Pour la photo : APN grand-angle, trépied, intervalomètre, poses de 30 secondes.
- Attente : 5-10 météores par heure malgré la Lune. Rapides, parfois brillants, avec des traînées persistantes.
- Moon : gibbeuse croissante à 76%, se couche plusieurs heures avant l’aube. Fenêtre sombre d’environ 2-3 heures.
Et si vous observez les Draconides le 8 octobre et les Orionides le 21, vous aurez vu les deux essaims d’automne – un programme complet pour la saison.
Sources : NASA – Orionids ; EarthSky – Meteor shower guide 2026 ; American Meteor Society – Calendar 2026-2027 ; Farmers’ Almanac – Orionids 2026 ; Natural History Museum – Meteor showers 2026
See also on Deep Space Astronomy: Draconides le 9 octobre 2026 ; Saturn in opposition on October 4, 2026
Signature: CBurkhalter




